Prime Monster, jouez la carte de la politique • Test

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Deckbuildings et roguelikes, c’est comme les politiciens, y en a trop.

On ne va pas se mentir : trouver un jeu qui sort son épingle du jeu est une épreuve en soi. Prime Monster est là pour prouver que l’on peut garder des mécaniques connues tout en partant dans une direction inédite, le tout en y ajoutant une grosse dose d’humour bienvenue.

Version podcast de cet article (elle arrive)

La politique pour les monstres

Dans Prime Monster, vous serez transporté au Royaume-Désuni, un pays où les monstres vivent sans humains depuis un bon moment maintenant. Un jour, alors qu’ils cherchaient une solution pour gérer la vie en communauté, ils se sont dit que la démocratie était un concept intéressant. Depuis, des partis se sont créés et des oppositions sont apparues, sans oublier les batailles d’ego et de pouvoir qui vont avec.

Prime Monster n’est ni plus ni moins qu’une grosse caricature de la politique moderne qui a l’intelligence d’utiliser sa thématique pour nourrir son gameplay, et pas juste pour servir de vague histoire en périphérie. La politique n’est qu’opportunisme, et le jeu le montre bien : vous passerez votre temps dans des débats où l’intérêt du public passe au second plan pour laisser place à la course à la popularité, à la manipulation et aux rapports de force.

Il est lore, mon seignore !

Ce qui attire de prime (monster) abord, c’est l’univers que Cavalier Games a créé autour de son roguelike. Tout y est finement détaillé, écrit avec soin, et l’humour répond toujours présent. Sur ce point, je tiens à féliciter les traducteurs qui ont fait un véritable travail d’adaptation. Vu les jeux de mots et les références, cela n’a pas dû être une mince affaire ! Mention spéciale tout de même pour la traduction de Prime Monster en Premier Sinistre : c’est savoureux.

Au milieu de cet univers, vous débuterez dans le parti des Orcs. Chaque parti (au nombre de trois) vous proposera un leader avec ses capacités spécifiques et ses « coups » spéciaux que vous devrez utiliser lors des débats pour gagner des votes, piquer des votants à l’adversaire et garder votre pouvoir aussi longtemps que possible.

Certains partis utiliseront la manipulation de votes, pendant que d’autres tenteront de renforcer leur groupe politique ou, enfin, joueront la carte de l’emmerdeur de service.

Votre parcours vous mènera à devoir faire des choix pour résoudre des crises et des problématiques diverses. Pour ce faire, vous pourrez dépenser de l’argent, de l’influence ou du capital politique. Ces choix seront la plupart du temps à double tranchant : ils pourront par exemple vous faire gagner en popularité, mais vous vous coltinerez en échange du personnel aussi utile qu’un cure-dent pour un requin, vous forceront à composer avec les lobbies ou à gérer des imprévus. Et j’en passe.

Le jeu n’est pas là pour vous faire de cadeau, mais bien pour vous montrer la partie faisandée de la politique et tout ce que cela implique. C’est le syndrome du « tu préfères » vicieux à son paroxysme : chaotique et terriblement prenant.

Quand vous n’aurez pas de choix narratifs à faire, vous devrez faire face à l’opposition au Parlement. Dans cette partie du gameplay, vous devrez tout faire pour convaincre le plus de votants possible de vous rejoindre et d’appuyer vos idées. Pour y parvenir, vous utiliserez des cartes qui auront soit un effet immédiat sur votre adversaire, soit vous rapporteront des points de capital politique. Plus vous gagnerez de points, plus vous rallierez de monde à votre cause. La partie offensive, quant à elle, aura pour principal effet de faire perdre ces mêmes points à vos adversaires.

À la fin des manches de ces joutes politiques, le joueur avec le plus de votants remporte la partie.

Au fil des matchs, vous débloquerez de nouvelles cartes avec de nouvelles capacités et parfois même des coups tordus. Ceux-ci sont à la fois aussi puissants que dangereux pour votre victoire : l’œil du juge vous observe et, si vous ne faites pas gaffe, ces cartes pourraient se retourner contre vous. À vous ensuite de créer de nouvelles synergies et de tenter de trouver la stratégie qui vous mènera le plus loin.

Beau et drôle : on a les mêmes qualités, c’est fou

Prime Monster a une gueule adorable et drôle. Il m’a beaucoup fait penser à Discworld avec son style BD/Cartoon Network plein de détails et de couleurs. Qu’il s’agisse des personnages ou des cartes, Cavalier Games s’y est pris avec un soin remarquable pour donner un style et un univers reconnaissables entre tous.

Siryakko est content

Conclusion

Prime Monster est un jeu/satire particulièrement drôle, fun, admirablement écrit et réalisé. Je n’ai pas parlé des musiques, mais sachez qu’elles accompagnent l’univers et l’action avec brio.

On frise la perfection si l’on enlève les quelques errances dues à l’aléa inhérent au genre. Car si cela reste rare, il est parfois possible de tomber sur une boucle à la limite du blocage, qui vous fera perdre par manque de bol dans le tirage des cartes.

En dehors de ce point tout à fait réglable avec quelques mises à jour, si vous cherchez un deckbuilding qui ne se repose pas sur un univers vaguement médiéval-fantastique qui se prend trop au sérieux, je ne saurais trop vous conseiller ce titre au cynisme absolument délicieux.

Prime Monster
Cavalier Game Studios

PC/MAC (04/05/26)
Steam

19,99€


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